« Quand j'entends le mot vivre, je sors mon revolver ou du poison. » (Luc Pulflop)
jeudi 20 décembre 2018
Diversions
L'homme du nihil arrive parfois à distraire son marasme par la contemplation d'objets insolites ou par des réflexions sur la condition végétale, enfin par la description méticuleuse d'excréments fossiles que les savants nomment coprolithes. De ces divertimenti, il sort pénétré de l'opulente immensité du Rien, mer plate qui recèle un iode puissant dont nul opium ne procure des enchantements aussi variés, aussi recommencés.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Pyrrhonisme malacologique
Échaudé par la félonie du Grand Tout, j'en vins à mettre en doute la réalité de ce mollusque que les naturalistes nomment térébratule.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
mercredi 19 décembre 2018
L'incertitude qui vient des rêves
D'une indécision maladive, l'homme du nihil, bien souvent, n'est pas capable de statuer s'il est Tchouang-tseu rêvant qu'il est un papillon, ou un papillon rêvant qu'il est Tchouang-tseu, ou encore — hypothèse sans doute la plus probable — s'il n'y a pas plus de Tchouang-tseu ni de papillon que, révérence parler, de beurre au prose.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Servitude
Le joug de l'haeccéité, qui écrase et oppresse le Dasein, permet à celui-ci d'assez bien imaginer ce que pouvaient ressentir les Poméraniens, les Finnois et les autres races autochtones des contrées soumises au sceptre des Wasa.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Hypèthre
Hypèthre, du grec hupaithros, découvert, signifie à ciel ouvert, sans toit, en parlant d'un édifice : des temples hypèthres.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
mardi 18 décembre 2018
Paradoxe
Un jour qu'il était « gonflé à bloc », Lao Tseu aurait, d'après Gragerfis, prétendu que « la vérité c'est l'être, l'erreur le néant ». — Problème de cohabitation avec une belle-mère envahissante ? Fragilité psychologique ? Besoin compulsif d'« épater le bourgeois » ? Peut-on jamais savoir avec certitude ce qui pousse un homme à énoncer un paradoxe ?
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Une tâche surhumaine
Au début de sa carrière, l'homme du nihil ressemble à un héros dostoïevskien écartelé entre l'évidence de n'être rien et le sentiment d'être tout. Enfin... peut-être pas exactement tout, mais du moins un certain nombre de choses : parmi les corps lumineux, le soleil rayonnant ; entre les montagnes, l'Himalaya ; parmi les poëtes dadaïstes, Georges Ribemont-Dessaignes ; entre les mots prononcés, le mot indivisible « reginglette »; entre les lacs, l'océan ; entre les bêtes sauvages, le tigre ; entre les objets purifiants, le vent. Et encore : le temps sans limites, la pénitence des ascètes, le silence des secrets et la science des sages. — Mais il réalise vite que tout cela n'est pas une sinécure. Alors il se recouche — et gémit.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
lundi 17 décembre 2018
Soustraction
Quel fut le but ultime des « artistes du creux » — au premier rang desquels le suicidé philosophique — si ce n'est de rendre sensible l'impossibilité pour les mortels de sculpter autre chose que le vide ?
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Pis-allers
Pour réduire le Moi, le seul moyen convenable est l'homicide de soi-même. La fréquentation des cafés, les blagues, la lecture des journaux et la consommation de vodka ne sont que des pis-allers.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
dimanche 16 décembre 2018
Tangente
Parfois, pour éviter les avaros, il vaut mieux mettre les adjas. Ne serait-ce pas de ce constat qu'est née la belle idée de l'homicide de soi-même ?
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
Eskimos
Les Eskimos sont des populations des régions polaires, qui habitent le Groenland et la région comprise entre la baie d'Hudson et le détroit de Béring. Ils vivent sous des tentes ou dans des igloos. Leur nourriture est constituée par les produits de la chasse et de la pêche.
(Luc Pulflop, Prière d'incinérer. Dégoût)
Atmosphère
Les faubourgs du pachynihil forment une banlieue anonyme, indiscernable de celles d'Orléans, de Milan, de Vienne, de Rosario, de bien d'autres encore dont la ressemblance a sans doute procuré aux rêveries du suicidé philosophique leur médiocre et sinistre décor.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
samedi 15 décembre 2018
La douce fragrance du pachynihil
Il émane des morgues et des cimetières comme les effluves de népenthès puissants, dont l'influence ne porte nullement à quelque mélancolie désabusée, mais fait pressentir l'alliance merveilleuse avec le Rien, longtemps désirée en vain, quelque chose comme le pardon qui accueille l'enfant prodigue.
(Théasar du Jin, Carnets du misanthrope)
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